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"La culture du silence conduit le peuple à une mort certaine. Elle couvre la vérité et proclame le triomphe de l'injustice!"

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Nos hommes politiques et les préoccupations des citoyens
Dernièrement, nous nous sommes intéressés à la vie du citoyen dans la cité – la vie au quotidien- et nous avons relevé le constat que la population dans son ensemble vit une insatisfaction générale sur tous les plans - politique, économique et social - où l’on a l’impression que tout va dans le mauvais sens et que la précarité gagne tous les foyers. Les indicateurs du mieux-être virent au rouge, et dans nos conversations il s’exprime de plus en plus de dégoût, et de moins en moins d’espoir. Les nouvelles d’ailleurs, avec la crise économique et financière rampante en Amérique et en Europe mettant à genou les puissantes économies, ne rassurent guère. « Si le bois vert brûle, qu’arrivera-t-il au bois sec ? »
Mais l’Afrique a ses réalités. Et chaque pays a les siennes. Nous n’avons peut-être pas à nous inquiéter outre mesure de ces crises, puisqu’en 2008 l’Afrique n’a été affectée que faiblement par la crise financière internationale – la crise des banques -  qui avait ébranlé de grandes banques dans les économies occidentales poussant les États à voler à leur secours. L’Occident d’ailleurs ne s’est pas tout à fait relevé de cette crise-là, et très vraisemblablement, le surendettement des États Unis et de nombreux états européens, le drame de la faillite de la Grèce, la menace d’une faillite probable, voire certaine de l’Italie, le Portugal, l’Espagne…  ne sont que les symptômes de rechute d’une « maladie mal traitée ! »
L’Afrique, pour l’instant, ne se pose que très peu de question sur les conséquences possibles de ces crises, peut-être parce que, ou l’on pense que les autres ont les moyens d’empêcher que le mal ne déborde leurs frontières, ou l’on se sent impuissant en se disant qu’on est au bas de l’échelle et que par conséquent on aurait moins mal si celle-ci se renversait ! Les hommes politiques africains ne parlent presque pas des enjeux et défis géopolitiques du moment comme si les autres vivent sur une planète autre que la nôtre, et pourtant nous appartenons tous au même village planétaire, et un adage de la sagesse africaine dit : « si la case de ton voisin brûle, arrose d’eau le toit de ta maison ! »
Qu’est-ce qui préoccupe donc nos hommes (et femmes !) politiques ? Qu’est-ce qui préoccupe le Citoyen de nos États ? La question mérite d’être posée, car nous avons l’impression que le Citoyen et le Politique se côtoient mais ne se rencontrent pas. Ils vivent apparemment dans deux univers aux préoccupations parallèles.
Équipez votre poste téléviseur de satellite et à l’heure des informations le soir, parcourez toutes les stations de TV nationales africaines entre 19 et 21 heures. Que recueillez-vous comme informations du jour ?
    Les audiences ou déplacements du Chef de l’Etat,
    Les séminaires, ateliers, symposium…
    Les querelles entre le pouvoir et l’opposition qui se traitent l’un et l’autre de "mauvaise foi",
    Puis « les chiens écrasés », ou les prouesses des forces de sécurité ayant mis la main sur un gang de trafiquants ou de malfrats.
 Quelles sont les préoccupations du Citoyen ? Il aspire à la qualité de vie dans la cité :
    La sécurité dans sa demeure et dans la rue
    Une activité rémunérée qui lui procure des revenus lui permettant de vivre décemment. Pour cela, il attend de l’Etat une politique d’emploi et des lois sociales équitables qui garantissent et protègent les intérêts de tous les travailleurs. Il n’est pas rare aujourd’hui de trouver des catégories de travailleurs (et ils sont nombreux et jeunes !) aux rémunérations de misère, sans avantages sociaux (congés, repos, couverture sanitaire, sécurité sociale, etc.,) ; ces gens travaillent mais n’arrivent pas à vivre de leur travail. Quel avenir ont-ils pour eux et pour leurs progénitures ?
    L’accès aux soins de santé. Malgré beaucoup d’activisme des autorités de l’administration de santé publique, le système de couverture sanitaire reste insuffisant et très précaire. Cinquante ans après l’indépendance, nous ne sommes pas arrivés à construire un système de couverture sanitaire viable et durable qui nous permette de relever, ni de stabiliser l’espérance de vie du Citoyen.
    L’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à un logement décent. Il y a peu de progrès dans la politique de promotion de l’accès à l’eau potable, l’assainissement et le logement, surtout en zones urbaines. L’envolée des prix, les conditions de location (avance sur consommation d’un an, voire de deux ou trois) et la mauvaise qualité du logement font peser une pression énorme sur le Citoyen obligé d’aller se loger dans les périphéries éloignées de la ville où le loyer peut encore être à la portée de sa bourse ; certains logements ressemblent à des cages à lapin, sans système d’aération adéquat. En plus de ces conditions presqu’inhumaines, ce citoyen est confronté à un autre problème non moins grave, celui du déplacement pour rejoindre quotidiennement son travail !
Au Togo par exemple, les transports publics sont inexistants et l’initiative du transport en commun laissée aux transporteurs privés est anarchique, l’usager étant exposé à tous les dangers possibles : surcharge, excès de vitesse, non respect du code de la route, mauvais état du véhicule de surcroît non assuré, impolitesse notoire de certains transporteurs qui sapent le moral déjà bas de l’usager !
Dans la mesure où ce sont la pression démographie et la misère qui commandent l’extension anarchique de la ville atteignant des zones non viabilisées, non aménagées, souvent des zones inondables dont les habitants craignent l’arrivée de la saison pluvieuse, vivre dans un environnement sain est pour le Citoyen une utopie ! Nos villes ne disposant pas de service de voirie fonctionnel, le ramassage des ordures est laissé aux soins de privés aux moyens dérisoires, et sans service de traitement, les ordures voyageant de rue en rue et de quartier en quartier, finissent par joncher les rues et cohabiter avec les habitants. Ainsi, à l’insalubrité des quartiers non aménagés s’ajoute l’insalubrité des ordures ménagères dispersées à tout vent !
L’eau potable dans les centres urbains, parlons-en encore ! A Lomé par exemple, la TdE est dépassée, ne pouvant plus fournir de l’eau potable, même dans les quartiers périphériques proches. Ses services ne suivent pas l’extension de la ville. La fourniture de l’eau "potable" est encore laissée à l’initiative des privés, sans contrôle de la qualité de l’eau des forages domestiques vendue aux voisins du quartier, avec tous les risques prévisibles. Il ne s’agit pas pour l’Etat d’interdire ces initiatives, mais de les règlementer par le contrôle la qualité de l’eau servie au public.
    L’accès à l’énergie électrique. Il n’est un mystère pour personne que les pays africains ont un très faible niveau de fourniture de l’électricité, denrée incontournable dans le développement du pays, voire même de nos jours, le développement des communautés de base.
Nous reparlerons dans la prochaine parution, de l’énergie, de l’éducation et du système de protection sociale, et d’autres sujets qui préoccupent les Citoyens que nous sommes, et qui sont nos droits (inaliénables !) au développement.
Les hommes et femmes politiques se préoccupent-ils de ces situations ? Pourquoi n’en parlent-ils pas souvent ? Si non, qu’est-ce qui les préoccupe ?
La prochaine fois nous en reparlerons !

 

 

Publié le 28-12-2011 - Cliquez sur les images pour les agrandir

 

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