| Une deuxième dévaluation du Franc CFA, une nécessité? |
Depuis quelques jours la rumeur d'une dévaluation imminente du franc CFA commençait à alimenter les colonnes des journaux, et chacun y va avec ses propres commentaires empreints de ses craintes. La question que d’aucuns se posent est naturellement de savoir si cette dévaluation s'impose, et quelle explication l'on en donne. Le premier constat est qu'aucune explication n'est donnée au public sur les raisons d'un tel acte, alors que cela affecte tout le monde. Et comme c'est l'habitude, le peuple va simplement en subir les conséquences, en bonus ou en malis! Nous avons rencontré, à ce propos, Dr. Kako NUBUKPO, Économiste, Consultant à l'UEMOA, au cours d'un colloque organisé par le GRAD (Groupe de Recherche et d'Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement au Togo), où il a abordé la question de la dévaluation du FCFA au cours d'un exposé intitulé "D'une économie extravertie à une politique économique de progrès social...". Comme nous le savons, le FCFA est une monnaie liée par parité fixe à l'Euro, dans le cadre des conventions dites du "compte d'opérations"; et en contrepartie de la garantie d'un taux de change fixe entre l'Euro et le FCFA, les pays africains de la zone franc (AZF) sont tenus de déposer une partie de leurs devises auprès du Trésor français, à hauteur de 20% de couverture de l'émission monétaire. Selon le Prof. NUBUKPO, à l'heure actuelle, le taux de couverture de l'émission monétaire dépasse 5171.8 milliards de FCFA soit 112% pour la seule zone UEMOA. Ces réserves servent à garantir le taux de change Euro/CFA et 20% de couverture de l'émission monétaire suffiraient à garantir cette parité. La dévaluation du CFA ne serait nécessaire que si ce taux devient inférieur à 20%, or les réserves de l'Afrique occidentale couvrent 5.5 fois ce taux, ce qui signifie que techniquement une dévaluation en ce moment n'est absolument pas nécessaire. Alors pourquoi une dévaluation? A qui cela profite-t-elle? Comment la BCEAO notre Banque Centrale gère-t-elle cette conjoncture? Quel rôle joue l'UEMOA là-dedans? La crise de la zone Euro est-elle véritablement à l'origine de cette décision, ou rend-elle nécessaire cette dévaluation? La dévaluation en soi est-elle une menace (défi) ou une opportunité? Réfléchissons ensemble pour échanger et informer notre opinion publique! |
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Publié le 08-12-2011 - Cliquez sur les images pour les agrandir